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La dictature de la petite bourgeoisie
Le texte qui suit relève d'une interprétation et d'une
extrapolation personnelles faites à partir de l’ouvrage de Renaud Camus (La dictature de la petite bourgeoisie, Privat, 2005). En tant que tel, il ne prétend pas restituer avec une
extrême fidélité la pensée et les intentions de l’auteur et il ne saurait se
substituer à une lecture intégrale du livre.
***
par Philippe de Hesse ( aka Domrémy ) (www.egaliteetreconciliation.fr)
Mais quelle est donc cette dictature, de quoi est-elle faite, quelles sont ses
armes ? Et le mot dictature n’est-il pas un peu fort ?
D’abord, la petite bourgeoisie
nous impose une dictature parce qu’elle prétend parfaitement coïncider avec la
société, ses attentes, ses aspirations. Parce qu’elle est en train de devenir
la classe unique. Parce que tout ce qui n’est pas conforme au modèle qu’elle
prétend incarner, tout ce qui oppose une résistance à sa façon de penser ne
peut même pas être envisagé ni discuté et par retour la rend elle-même
indiscutable.
La petite bourgeoisie détient la vérité, sait ce qui est bon pour la société.
Elle est la société, elle est le monde.
Ensuite, c’est une dictature parce qu’elle ne laisse plus aucun espace dans
lequel on pourrait lui échapper. Parce qu’elle recouvre l’ensemble du champ
culturel de SA culture. Parce qu’elle recouvre l’ensemble du champ langagier de
SON langage.
Sa force vient du fait qu’elle n’est pas directement palpable, visible. Elle
agit en douce, l’air de rien. Elle n’a pas besoin des « défroques officielles
du pouvoir » ni des « oripeaux de la dictature » car elle installe
insidieusement en chacun de nous un tyran.
Ce tyran en nous est un zélateur du « soi-mêmisme », il nous répète en boucle
qu’ « il faut absolument être soi-même » et pour cela, qu’il faut en finir avec
l’altérité, c’est-à-dire en finir avec l’héritage, l’hérédité, le patrimoine et
sa transmission, c’est-à-dire en finir avec la culture. Ce « soi-mêmisme »
c’est la philosophie de la parole donnée qui n’engage plus à rien. C’est le
règne du soi-mêmiste « sans vergogne, sans honte, sans respect ».
Le fanatisme démocratisant et anti-élitiste de cette dictature proclame que ce
reniement de la (Haute) Culture est la condition de l’égalité et de la culture
pour tous. Mais à trop vouloir cette égalité, ce fanatisme ne fait que
renforcer les conditions d’une inégalité plus profonde encore. Car son «
égalitarisme antihéréditaire » empêche précisément et à première vue paradoxalement,
« l’insoumission au destin passif, l’inasservissement à la fatalité, que
celle-ci soit psychologique, économique, intellectuelle ou sociale ». Le
lecteur se demande alors comment un tel paradoxe est possible.
Renaud Camus aborde alors la question de la formation et de l’éducation des
individus. Le creuset culturel, les processus conduits par les institutions
culturelles, éducatives et familiales sont les champs d’application privilégiés
de la nouvelle idéologie. Car ces champs sont lieux de la rencontre de l’autre,
car la dictature de la petite bourgeoisie est avant tout culturelle et
intellectuelle.
Et se dessine alors le paradoxe : ces lieux et ces processus, relookés,
remaniés, repensés, remodelés, désennoblis, déringardisés, désacralisés,
assainis, moralisés et modernisés par l’idéologie de la petite bourgeoisie, ces
lieux et ces processus qui sont par nature censés pousser les individus vers le
meilleur, vers le plus haut, sont devenus aujourd’hui, au nom de l’égalité, une
matrice vidée de toute culture, de tout héritage et donc de tout véritable
accès à une altérité autre que l’ersatz pathétique et stérile qui consiste à
avoir du respect pour les individus d’une autre couleur de peau, de la
tolérance pour les handicapés et de la compassion pour les pauvres. Une
conception de l’altérité xénophile, sentimentaliste, misérabiliste et en même
temps antihéréditaire. Quelle puissance de l’idéologie ! Et quelle
impossibilité d’accès à l’autre elle met en place ! Comme s’il était possible
qu’on aime l’autre tout en se détestant soi-même, c’est-à-dire tout en
rejetant l’autre qui est en nous. Cette absence d’extérieur, ce défaut
d’une sortie préalable de soi-même ne peut donc amener l’individu soumis à
l’idéologie de la petite bourgeoisie qu’à buter dans ce qu’il est déjà, qu’à
demeurer dans le déjà-là-toujours-présent et ainsi à n’aimer l’autre qu’à la
seule condition que cet autre soit comme lui ou en voie de l’être, en voie
d’assimilation. La dictature de la petite bourgeoisie produit les touristes
jouisseurs et irresponsables de demain, les futurs colons occidentaux.
Et tout ceci donc –suprême paradoxe- au nom de l’égalité.
Déstratification de l’intelligence, dé-hiérarchisation de la culture. Au nom de
l’égalité. Arasement anti-élitiste. Indifférenciation. Au nom de l’égalité. Et
alors les différences ne sont plus qu’économiques. Et alors l’ignorance règne
et fusionne en une classe, unique et déculturée, toutes les anciennes
hiérarchies, toutes les anciennes classes désormais laminées, broyées,
filtrées, restructurées, délocalisées et finalement bientôt totalement
converties au catéchisme de la dictature. Il n’y a alors plus de riches. Il n’y
a que des parvenus.
On remarquera pour finir la parfaite concordance de cette idéologie avec les
grands projets politiques du moment : abolition des frontières, implantation en
France d’un cosmopolitisme communautariste, intégration du pays à une
technostructure supranationale.
Car en vue de la réussite de ces beaux projets, il est fermement recommandé à
l’hôte, au sujet de l’expérimentation soviético-européiste de mettre sous le
tapis (voire six pieds sous terre) tout ce qui pourrait relever d’une
quelconque revendication de sa culture, de son héritage, de son patrimoine
séculaire.
Et les vigilants de la petite bourgeoisie sont là pour veiller à ce que
personne ne déroge à la règle. Et leurs condamnations sans appel sont faites
pour notre bien disent-ils, pour éviter le retour de la barbarie. Odieux
chantage, affreuse innocence dont il suffirait de se moquer si elle ne
contenait en elle et hors d’elle tous les germes et les moyens d’une barbarie
plus barbare encore. Il faut donc d’urgence commencer par trouver ce qu’il
convient de faire pour chasser l’affreux petit diable qui s’installe en chacun
de nous.
180808
AVORTEMENT, un choix idéologique, un projet anti-progressiste
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Faut-il être pour ou contre l’avortement ? Voilà une question qui résonne d’une façon bien étrange. C’est un peu comme si on demandait : faut-il être pour ou contre la mort ? Pourtant, le débat sur l’interruption volontaire de grossesse est presque toujours posé en ces termes. Il n’est pas étonnant alors qu’il donne lieu à des bagarres stériles sur fond de liberté de choix et de défense de la vie. Les deux camps se jettent l’anathème, les uns hurlent à l’Inquisition pendant que les autres crient à l’assassin. La réflexion est sacrifiée au profit d’un prêt-à-penser pavlovien qui évacue les vrais enjeux et annihile le débat de fond.
Ce petit ouvrage vise précisément à réactiver cette réflexion en tentant de poser les bonnes questions. Il s’agit d’aller au-delà du point de vue moral et d’examiner les comportements individuels et les modèles sociétaux impulsés et façonnés par la politique actuelle en matière d’avortement. Il s’agit tout simplement de rouvrir le débat et d’ébranler l’opinion presque unanimement admise selon laquelle l’avortement, dans sa gestion actuelle, est un progrès et une liberté qu’il convient de ne plus remettre en cause.
Nous montrerons que cette absence d’interrogations nouvelles est au contraire une aliénation et que la remise en cause de la gestion actuelle de l’avortement, loin d’être une atteinte à la liberté, représente un progrès vers une société plus libre et plus digne.
***
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Editions Le Corps Gris
zefa_tcorp@yahoo.fr
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Chassé croisé entre Dailymotion et Matignon
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14/10/2007 | Mise à jour : 22:33 |
Commentaires
1
Commentaires
1
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Signe des temps ? Dailymotion et Matignon se livrent à un jeu de
chaises musicales qui marque peut-être une étape dans la prise en
compte de la netéconomie en France.
Séverin Naudet, jusqu’ici directeur des contenus et de la communication
du site français d’échange de vidéos Dailymotion, l’un des leaders
mondiaux du secteur, rejoint le cabinet du premier ministre. Il est
nommé conseiller technique chargé de la presse.
Martin Rogard, quant à lui, fait le voyage inverse. Chef du pôle
multimédia au département de l’Information et de la Communication du
ministère de la Culture et de la communication, il va reprendre les
fonctions de Séverin Naudet comme directeur des contenus France.
Séverin Naudet n’est pas un néophyte en matière de lambris
ministériels. Ce diplômé de l’Efap a en effet déjà été conseiller au
ministère de la Communication jusqu’en 2006. Il était chargé des
industries culturelles, des médias et des opérations spéciales. S’est
également occupé des relations presse pour Hervé Gaymard en 2003 et
2004.
Quant à Martin Rogard, il a débuté sa carrière au sein d’une société de jeux vidéo, Vibes SA.
040808
Nous et les autres

Le texte qui suit est une synthèse de l’ouvrage d’Alain de Benoist accompagnée de quelques commentaires. Il ne suit pas l’ordre chronologique de l’ouvrage mais rassemble en quelques grands ensembles les idées qui y sont développées.
Alain de Benoist, Nous et les autres, Editions KRISIS, 2006
note de lecture proposée par Philippe de Hesse/Domrémy (E&R)
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Introduction : la modernité libérale
« Le sujet désengagé est un être indépendant, en ce sens que la personne doit trouver en elle ses raisons d’être essentielles et ne doit plus se les laisser dicter par un ordre plus vaste auquel il appartient. » p. 15
Avec la pensée libérale et individualiste, c’est un nouveau sujet qui apparaît : un sujet indépendant et désengagé qui construit son identité à partir de sa seule intériorité. La modernité amène donc avec elle une problématique de l’identité. Les individus affranchis des circonstances de leur naissance doivent trouver des repères, doivent se réaliser eux-mêmes en dehors de tout héritage.
Construction de l’identité
S’interrogeant sur les déterminismes qui concourent à la formation de l’identité, AdB rappelle que si une identité peut être choisie (credo de la modernité), ce choix ne peut s’affranchir de l’influence d’une identité héritée. Dans ce même ordre d’idée, il ajoute que l’homme étant un animal social, l’identité est tributaire des relations interpersonnelles au sein d’une communauté d’appartenance. Ainsi : « Même si je me veux citoyen du monde, je ne peux exprimer cette option qu’en étant d’abord citoyen d’une partie du monde. Même si je m’éprouve comme n’étant de nulle part, je ne peux l’exprimer qu’à partir de quelque part. » L’identité est donc dialogique, elle se fonde à partir du rapport à l’autre. D’où la nécessité de maintenir les différences ; d’où la nécessité de respecter les identités des autres.
Avec cette notion d’identité héritée, on pourrait penser qu’AdB essentialise l’identité. Il n’en est rien. Pour lui, l’identité est dynamique, dialectique. Elle procède d’un choix [commentaire : un choix que je qualifierais de « conditionné »]. En effet, parmi les éléments qui nous sont donnés (naissance, histoire, langue…), nous avons à choisir ceux qui nous paraissent les plus importants, ceux qui sont plus déterminants que d’autres. Nous établissons des priorités. L’identité relève donc d’un choix subjectif [commentaire : il faudrait ici préciser que choix subjectif ne signifie pas choix libre ; que derrière ce choix subjectif il y a encore un arrière plan objectif ! On ne peut décidément pas échapper à tout héritage ! Et poser donc plus généralement la question du libre-arbitre – mais là c’est un autre sujet]. Choix subjectif parmi des critères objectifs. L’identité est donc en partie une histoire qu’on se raconte. Mais certains de ces critères relèvent tellement de l’être qu’ils ne laissent que peu de place à une évaluation et à une sélection par le désir (on pense ici à la langue héritée). Il n’empêche qu’il y a toujours un choix subjectif et donc AdB rejette tout essentialisme qui tendrait à figer l’identité en une substance immuable. Il dit même que cet essentialisme conduit tout droit au repli identitaire et à une sorte d’égoïsme, d’individualisme de groupe. Les individus sont alors dans le culte de la Mêmeté et ce repli ethnocentrique va alors de pair avec une homogénéisation du monde. [commentaire : AdB veut sans doute parler ici de la concurrence avec les autres communautés et de la volonté de domination qui peut accompagner ce repli]
Problèmes actuels
Quelles sont les conséquences de cette nouvelle donne en matière de construction identitaire ?
Identités particulières et République
La modernité a donné lieu à une identité plus englobante : l’identité nationale. Celle-ci se base sur un « savoir commun » qui comporte une part de fantasme (l’histoire qu’on se raconte). Mais quoi qu’en disent les critiques de l’identité nationale, cette histoire qu’on se raconte semble indispensable à la vie du groupe. Seulement, l’histoire de l’identité nationale c’est aussi celle du jacobinisme républicain face aux identités particulières. Sur cette question, AdB, s’il condamne l’assimilationnisme de type jacobin, semble se cantonner dans une situation intermédiaire qui prône le non empiètement d’une identité sur l’autre. Il préconise une loi commune grâce à laquelle l’identité nationale se construirait sur les identités particulières, englobant ces dernières sans pour autant porter atteinte à leur existence.
[commentaire : AdB est à la fois opposé à tout jacobinisme et en même temps reconnaît la nécessité d’une identité plus englobante. Sur cette question, il reste finalement au stade des généralités et bien souvent on ne voit pas comment dans les faits se traduit cette articulation des identités particulières avec l’identité nationale ; la réponse reste en suspens. Cette absence de développement est probablement liée au format du livre qui s’apparente plus à un opuscule qui ouvre à la problématique de l’identité plutôt qu’à une somme qui traiterait exhaustivement le sujet]
Communautarisme et République
C’est
moins le phénomène communautariste qui gêne AdB que la naissance en son
sein de communautés imposées, de communautés factices. Il fustige ainsi
les « caricatures d’appartenance » et le fait que du droit à la
différence on glisse vers souvent vers le devoir d’appartenance. Sur
cette question, la position d’AdB est claire. Pour lui, le
communautarisme ne menace aucunement la République et n’affaiblit pas
la Nation. Il est un symptôme logique du « jacobinisme ambiant », du
dysfonctionnement de la République. C’est le délitement de la
République qui produit le communautarisme et non l’inverse.[commentaire
1 : nous sommes ici dans l’histoire de « qui de l’œuf ou de la poule ? »]
[commentaire 2: lorsque
AdB parle de la République, veut-il dire ici « la neutralité libérale
inhérente au modèle républicain » ? Est-ce que AdB sous entend que ce
dysfonctionnement, ce délitement est inscrit dans les « gênes » du
modèle républicain ou simplement que ce modèle est dévoyé ? Faut-il
jeter le bébé avec l’eau du bain ?]
[commentaire 3 : AdB
semble favorable à un fédéralisme du type des Länder allemands et
hostile à tout centralisme du pouvoir. La question est de savoir à quel
moment une politique fédéraliste donnant de plus en plus en plus
d’autonomie aux entités régionales ne cache pas un projet de
balkanisation tendant à affaiblir l’Etat-nation et à conduire à une
situation d’inégalité entre les composantes de celui-ci]
Ceci
étant dit, AdB fait la distinction entre les groupes identitaires et
les groupes d’intérêt (les lobbys), maintenant que seuls les seconds
sont une menace pour la République [commentaire : le problème est
que certains groupes identitaires sont de véritables groupes d’intérêt
et qu’ils entrent en concurrence les uns avec les autres. AdB élude la
question du jeu des rapports de force entre ces communautés et le
préjudice de cette concurrence pour la République]
Destruction de l’identité
C’est le problème actuel majeur. Dans un monde dominé par un seul grand récit, celui du Marché, les frontières disparaissent, les « chez soi » n’existent plus, les langues nationales sont appauvries, les différences s’estompent. Une grande partie des critères qui président à la construction de l’identité sont donc mis à mal. Dans ce monde dominé par le Marché, le symbolique et le sens qui en découle sont éradiqués ; l’identité particulière, enracinée ne vaut rien. En lieu et place de l’identité charnelle et spirituelle, la société marchande impose les marques, les logos, les panoplies identitaires qui ne sont que des segments de marché. La part du choix « subjectif » dans la construction de l’identité n’a jamais été aussi forte puisque les individus peuvent désormais puiser à des sources artificielles et éloignées de toute réalité humaine. Et le phénomène est particulièrement délétère puisque cette liquidation de tout garant symbolique détruit du même coup tout ce qui faisait lien entre les individus et qui constituait un élément décisif dans le processus identitaire. A partir de là, c’est un mécanisme implacable qui est en route puisqu’il engendre une véritable mutation anthropologique.
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