100609
Noir au service du juif
Appel à un communautarisme judéo-noir en France.
Des affinités électives
Négritude et judaïsme (23 mn)
Abdoulaye Barro, Docteur en philosophie
Collège des études juives de l'Alliance Israélite Universelle - Paris, décembre 2006
Que retenir de ce discours de
M. Barro ?
- Dans l’intitulé de la conférence et tout au long du
discours, une analogie catégorielle étant faite entre « noir » et
« juif », il faut en conclure qu’être « juif » c’est donc
également appartenir à une race. M. Barro confirme par ailleurs que les noirs
sont des noirs, c’est-à-dire qu’ils ont une couleur de peau noire.
- Revenant sur son parcours universitaire, M. Barro
ironise sur la prédominance des penseurs grecs (platoniciens, stoiciens etc)
dans l’enseignement de la tradition philosophique occidentale, en déplorant
qu’on insiste pas assez sur les prophètes juifs et les penseurs juifs du XXe
siècle. (2’15)
- M. Barro confesse que la couleur de la peau est une
surdétermination dans le rapport au monde *. (3’57)
- Il affirme qu’une solidarité naturelle doit
s’établir entre juifs et noirs du fait de leur statut de victimes de
l’esclavage et du racisme européen et
plus généralement de l’eurocentrisme. C’est un appel à une alliance judéo-noire
contre le racisme européen.
- Il ajoute : « Le noir a été le juif
d’Amérique ».
commentaire :
Et qu’ont été alors les millions de juifs qui ont conquis l’Amérique ? Et
si on suit le cheminement de pensée de M. Barro, on peut affirmer alors que le
palestinien est donc le juif du Proche-Orient depuis 1948.
- M. Barro affirme que l’Afrique est imprégnée de la
tradition biblique juive. (9’58)
- Il reproche aux européens d’avoir donné trop
d’importance à leur héritage grec, d’avoir favorisé la culture européenne et
d’avoir ainsi exclu les juifs et les noirs de l’histoire intellectuelle du
monde. Il se félicite qu’après la seconde guerre mondiale, l’école de pensée
juive ait réhabilité la pensée juive et permis son rayonnement partout dans le
monde. (11’57)
commentaire :
Transparaît ainsi dans le discours de M. Barro, le désir de reconnaissance de
l’ancien esclave par l’ancien maître. Un désir de soumission qui laisse quelque
peu songeur.
- Pour finir M. Barro fait la leçon à la France :
il reproche que ne puisse être facilité son projet d’alliance judéo-noire du
fait de l’incompatibilité de la « constitution républicaine de ce
pays » (sic) avec le communautarisme. Il en profite pour se féliciter
qu’il en soit tout autrement aux Etats-Unis et en Angleterre
commentaire :
Doit-on rappeler à M. Barro que « ce pays » dont il critique la
Constitution l’a accueilli durant de longues années à l’Université de Poitiers
et l’a fait diplômé de l'Académie diplomatique internationale de Paris. Il a pu
par ailleurs librement créer et développer l’association JUAF (Juifs et
Africains) ainsi qu’une revue (Aleph Beth**).
Mais cela lui semble insuffisant. Sentant que les
temps lui sont favorables, il réclame désormais plus de facilité (et peut-être
plus d’argent) pour porter encore plus loin et plus avant « son »
projet d’alliance judéo-noire destiné à fustiger le racisme de la France et
l’eurocentrisme de la civilisation européenne. Au regard de ce projet, on
comprend mieux la convergence invoquée.
(20’30 à 22’23) Ce sont les propos de fin de discours
qui permettent de mieux saisir la nature de l’exercice auquel se livre ici M.
Barro. A l’instar de ses amis du CRAN, il semble visiblement se poser en
candidat au rôle de représentant officiel des noirs de France face aux
« faux prophètes » (sic) qui affirment vouloir libérer cette
communauté et qui y diffusent pour cela des idées qui le dérangent (lui et
évidemment ses amis aussi).
Ce petit discours est donc bien une sorte de casting,
d’examen d’embauche ou de conformité dans lequel on expose le travail accompli.
Malgré le caractère un peu grossier du travail de M. Barro, on peut gager que,
compte tenu des besoins actuels et de la faible résistance critique du public
visé, le jury aura apprécié sa prestation et lui aura attribué le label casher.
* Surdétermination : détermination
provoquée par une cause de niveau supérieur aux causes immédiates apparentes
** Concernant la vocationde
cette revue, on peut lire :
« Aleph Beth voudrait,
avec des contributions diverses, entreprendre une réflexion qui ait pour cadre
la souffrance historique qui, des Amériques à l'Afrique, en passant par
l'Europe, révèle une souffrance noire et juive. De la traite esclavagiste à la
Shoah, du génocide rwandais à la haine terroriste en terre palestinienne, la liste
de nos préoccupations est malheureuse longue. » Article rédigé par P.N - Source :
journal ALEPH BETH
On relèvera ce savoureux
« haine terroriste en terre palestinienne » dont on devine de quel
type de violence et de quel camp il s'agit.
Commentaires
Le titre est un communautarisme, ou alors, si tu ne le prends pas à ton compte, il mérite des guillemets.
Tu fais un tire essentialiste tout en reprochant dans ton article, à juste titre, à cette bande de guignols de vouloir la peau de la République en la communautarisant, c'est dommage.
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